Travailler ensemble, autour du patient : c’est l’idée simple qui fonde l’exercice coordonné. Depuis plusieurs années, il transforme en profondeur l’offre de soins de premier recours, en réponse aux évolutions démographiques des territoires comme aux attentes des professionnels de santé. Avant de présenter chaque forme d’exercice, cette page revient sur trois notions clés : les soins primaires, la coordination et les formes d’exercice coordonné.
Les soins primaires
La notion de soins primaires (ou soins de santé primaires) a été consacrée par la déclaration d’Alma-Ata de l’Organisation mondiale de la santé (1978). Elle désigne le premier niveau de contact des personnes avec le système de santé : des soins essentiels, scientifiquement fondés, socialement acceptables et accessibles à tous, au plus près des lieux de vie.
Les soins primaires couvrent un champ large, qui dépasse le seul soin curatif :
- la promotion de la santé et l’éducation pour la santé ;
- la prévention (vaccination, dépistages, protection de la mère et de l’enfant…) ;
- les soins : diagnostic, traitement et suivi des problèmes de santé courants ;
- la réadaptation et l’accompagnement des personnes vivant avec une maladie chronique ;
- le soutien palliatif.
En France, cette approche se traduit par les soins de premier recours définis à l’article L. 1411-11 du code de la santé publique : prévention, dépistage, diagnostic, traitement et suivi des patients, dispensation des médicaments, orientation dans le système de soins et éducation pour la santé. Ils mobilisent une équipe pluriprofessionnelle — médecins généralistes, infirmiers, pharmaciens, masseurs-kinésithérapeutes, sages-femmes, chirurgiens-dentistes, orthophonistes et bien d’autres — dont l’action gagne à être coordonnée.
La coordination
Les soins coordonnés reposent sur une approche proactive : réunir les professionnels et les acteurs du soin autour du patient, pour répondre à l’ensemble de ses besoins et garantir la continuité de sa prise en charge tout au long de son parcours. Concrètement, la coordination s’appuie sur un projet de santé partagé, des protocoles pluriprofessionnels, des temps de concertation réguliers, un système d’information partagé et, souvent, une fonction de coordination dédiée.
Pour les professionnels comme pour les patients, les bénéfices sont nombreux :
- un cadre d’exercice attractif, notamment dans les zones peu denses ;
- une meilleure accessibilité aux soins pour la population ;
- des échanges facilités et un décloisonnement entre professionnels ;
- une prise en charge globale et continue des patients ;
- un terrain propice à l’innovation, à la formation et à la recherche en soins primaires.
Les formes d’exercice coordonné
L’exercice coordonné pluriprofessionnel naît le plus souvent naturellement, entre professionnels d’un même territoire qui souhaitent améliorer le suivi de leurs patients et faciliter leur pratique quotidienne. Pour formaliser cette coopération autour d’un projet de santé commun, plusieurs cadres existent — du plus souple au plus structuré :
- l’équipe de soins primaires (ESP) : une coopération autour du médecin généraliste, constituée en association. Sa souplesse tient à cette forme associative et à son financement par le fonds d’intervention régional (FIR), moins engageant en matière d’indicateurs — c’est souvent la première marche de l’exercice coordonné ;
- la maison de santé pluriprofessionnelle (MSP) : une équipe de professionnels libéraux liée par un projet de santé commun et structurée en personne morale, en mono-site ou multi-sites. Passer en MSP permet de bénéficier de davantage de moyens pour porter plus de projets ;
- le centre de santé (CDS) : une structure de proximité dont les professionnels sont salariés, portée par un gestionnaire (association, mutuelle, collectivité territoriale, établissement de santé…) ;
- la communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) : une organisation à l’échelle d’un territoire, qui fédère l’ensemble des acteurs de santé autour des besoins de la population.
Ces formes ne s’opposent pas : elles se complètent et s’articulent. Une ESP peut évoluer vers une MSP ; MSP et centres de santé sont des membres naturels des CPTS. Chacune fait l’objet d’une page dédiée, présentée ci-après.